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Andenes, Norvège


Je pourrais vous parler de la nage avec les orques, de la traque silencieuse des cachalots, de la beauté des paysages mais voir pour la première fois une aurore boréale est tout simplement hypnotisant et captivant.

Nous venions de nous installer dans notre magnifique Air BnB en bord de mer et la nuit tombait sans prévenir après nous avoir gratifiés d'un coucher de soleil somptueux. Une vague trainée pâle dans le ciel commençait à fondre et me décida à déployer mon trépied de voyage sur le petit balcon, fixer mon 14mm sur le Sony Alpha 7 et trouver les bons paramètres au cas où une véritable aurore viendrait nous saluer subrepticement.

Première photo test un peu surexposée, la trainée claire et discrète dans le ciel s'avérait être une aurore légère mais le cliché était malgré tout surprenant.

Je sens l'excitation monter.

S'ensuit des échanges enjoués avec ma femme Isabelle qui a son tour préparait son matériel à l'autre bout du balcon.

La magie des aurores vient de notre émerveillement à voir ces volutes fluorescentes se mouvoir comme l'ondulation d'un serpent dans un bain de ciel sombre. Les yeux rivés vers le ciel mouvant, seul le bruit du déclencheur terminant son exposition me ramène à la réalité juste le temps de déclencher à nouveau.

C'est beau. Je suis hypnotisé mais mon coeur est en ébullition.

Limite les larmes aux yeux, je tente de me remémorer la première fois dans ma vie à avoir entendu ou vu des aurores boréales dans un livre, sur internet ou à la télé mais jamais je n'aurais pensé à en voir une en vrai.

Je me sens chanceux, privilégié et j'essaie de m'y accommoder.

Elle est là. Elle s'amplifie. L'expression "comme un cadeau tombé du ciel" prend tout son sens. C'est un don de la nature qui s'offre à nous.

30 secondes de temps de pose c'est trop long, l'aurore se dilue dans la photo, 20 secondes, encore trop long. Finalement le bon temps de pose c'est entre 10 et 15 secondes. Le diaph à 2.8 et la sensibilité entre 800 et 1600 ISO, l'appareil est prêt à enchainer les prises de vue ralenties par le traitement "anti-bruit" qui double le temps d'indisponibilité de l'appareil.

Si j'avais su que c'était aussi facile... L'avantage des temps de pose à rallonge c'est qu'on prend le temps d'admirer le spectacle en plus de fabriquer de belles images.

Un peu sonné d'avoir été dépucelé par ce merveilleux spectacle, je me couche avec des projections vert fluo sur l'écran de mes paupières.

Oui, il y en a très souvent des aurores boréales de novembre à mars et je pense à tous ceux qui vivent ici en permanence sous ce tableau vivant, mais non, il n'y en a pas nécessairement tous les jours. Et quand le ciel est trop couvert ou vierge d'activité solaire, une douce déception nous oblige à patienter une journée de plus. C'est d'autant plus frustrant que les jours de vacances s'amenuisent peu à peu. Alors, il faut sortir de son cocon, braver le froid, marcher, attendre.

L'idéal étant de repérer durant les expéditions diurne, le cadre qui servira à tendre la toile sur laquelle on y jettera l'encre des vents solaires quand la chance nous sourira.

Les autres photos à voir ici.



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