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Baja California



Aéroport de La Paz au Mexique. Des pick-up noirs avec des militaires debouts à l’arrière du véhicule, lourdement armés et cagoulés défilent devant nous en guise de carte postale. Cela n’aide pas les à-priori que nous avions avant de partir sur la dangerosité du pays. Toyota Yaris automatique louée, nous prenons la route sans GPS vers Cabo San Lucas avec un peu de difficulté car les panneaux de signalisation manquent cruellement pour des touristes comme nous. L’inquiétude de se faire arrêter par la police m’oblige à respecter les limitations de vitesse à 90 km/h alors que je suis bien, le seul à m’en préoccuper. Aucune envie de se faire remarquer pour se faire racketter ne sachant pas comment je réagirai face à l’injustice. Je m’arrête aux panneaux “ALTO” mais on me fait signe de passer; je comprendrai plus tard que la règle du chacun son tour s’applique.

Des carcasses de pneus jonchent le bord de la route ponctuée de petites chapelles mortuaires. Ambiance. On croise aussi beaucoup d’animaux écrasés dont pas mal de vaches.


Arrivés à Cabo San Lucas, ville balnéaire pour touristes et retraités américains, nous gagnons notre chambre pour nous remettre du décalage horaire. L’objectif étant de voir le lendemain les baleines à bosse et des requins Mako. Je remarque en ville que les automobilistes, même s'ils ne respectent aucune limitation de vitesse sur les routes, respectent au moins les piétons. Les motards portent rarement de casque et il n’est pas rare de voir des voitures sans plaque d’immatriculation, confisquée par la police en échange d’une amende?. La population donne l’impression d’être des irréductibles Gaulois refusant de se plier à l’autorité gouvernementale.

Cabo se situe à la limite de la mer de Cortez et de l’océan Pacifique et les baleines à bosse mâles se plaisent à y danser un ballet permanent en cette saison pour le plus grand plaisir des photographes sauf que mon autofocus est beaucoup trop lent et ma vitesse d’obturation trop basse au 1/500ème de seconde me plonge dans une immense frustration d’avoir raté mes images. L’émotion de voir ces mammifères marins sauter hors de l’eau avec une impression de ralenti me fige bouche bée et muet ce qui ne m’aide pas non plus à anticiper les bons moments. L’annulation de deux jours de plongée à cause du vent me donnera une occasion gagnante de retenter des photos au 1/2000s et mise au point manuelle calée sur l’infini. J’admire ma chérie équipée de son nouveau Nikon D750 être sur le coup quasiment à chaque fois shootant sans ciller ces mammifères qu’elle connaît si bien et qu’elle m’invite à découvrir depuis plus de 5 ans maintenant. L’après-midi, pas de requin Mako au rendez-vous. La vie sauvage se mérite si on veut la croiser. Il faut être très patient et accepter de dépenser de l’argent pour ne rien voir.


Direction Puerto Lopez Mateos avec plus de 6 heures de route en découvrant des ruines ou des constructions avortées tout le long de notre périple. Nous aurons l’occasion de croiser des centaines de Harley Davidson qui arrivent des US en mode “Easy Rider” pour le week-end. L’état des voitures croisées laisse penser que le contrôle technique n'existe pas? Puerto Lopez Mateos est une petite ville très célèbre pour ses baleines grises qui se font caresser depuis un bateau mais les touristes n’y font que passer malheureusement pour l’économie de la ville. Nous y resterons deux nuits en Airbnb pour assurer au moins une rencontre avec une baleine. J’avais vu des photos avant de partir mais il faut le voir pour le croire. Oui, les baleines (pas toutes, souvent les mères et leur petit) viennent se frotter à la coque en bois des bateaux pour nettoyer les parasites de leur peau. Durant ce moment elles en profitent aussi pour engager un contact impensable avec nous, les mammifères bipèdes. Pas la peine d’attendre des extra-terrestres ou d’aller chercher de la vie ailleurs dans l’espace, ce genre de rencontre du 3ème type vous marque à vie. Sentir le souffle chaud d’une baleine tout en étant pris par sa sonorité engagera le plus incrédule d’entre nous sur la protection du monde animal et la sauvegarde de notre éco-système. Je réalise alors naïvement que ces mammifères vivent grâce aux deux éléments: l’eau pour se nourrir et y vivre, et le même air que nous pour respirer. On se sent humble, petit et fragile et pourtant nous représentons la pire menace pour l’environnement et le dérèglement des chaînes alimentaires.


Détour ensuite vers La Paz pour tenter quelques plongées dont une avec les requins baleines. Pas de photo du gros poisson mais une vidéo en travelling prise en Snorkeling pendant une bonne dizaine de minutes grâce au Sony RX100M2 d’Isabelle et mon Canon G7X équipés de caisson. Le placide requin baleine de 9 mètres de long évoluait sous 5 mètres de profondeur à un rythme qui nous permettait de l’admirer calmement malgré une visibilité limitée. Impossible de le photographier en totalité avec un 24mm sous peine de le voir disparaître en prenant trop de recul. L’importance du matériel photo adapté (mais coûteux) prend tout son sens dans ce genre de cas. Nous passons deux nuits dans cette ville où je prends plaisir à prendre des photos à la tombée de la nuit essayant de capter des mélanges de lumière du jour et d’éclairages artificiels. On remarque assez vite que la population a un fort taux d’obésité ou de surpoids certainement lié à leur alimentation. La religion est aussi très présente avec notamment beaucoup de symboles esthétiques de squelettes et de têtes de mort sans parler des chapelles le long des routes.. Le très beau film d’animation “Coco” vu dans l’avion du retour fut d’ailleurs une belle illustration de la culture Mexicaine. J'apprends à notre retour qu'il a reçu l'Oscar (mérité) du meilleur film d'animation.

Pour voir les photos c'est par ici.


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