Rechercher

Bonne année 2020!



Un bang se fait entendre depuis notre cabine de bateau. Un quart d'heure plus tôt, nous avions célébré le passage à la nouvelle année. Isabelle décide de se lever pour aller voir. Nous louons à Arzon, le seul bateau que nous ayons trouvé à un prix raisonnable sur les côtes Normande ou Bretonne, l'idée étant de passer symboliquement 2020 sur l'eau.

- Viens voir mon coeur il y a des feux d'artifices!

Sans grande motivation, je monte dans le carré, les fesses à l'air, les boules Quies en cire encore dans les oreilles pour ne pas être réveillé au beau milieu de la nuit par le claquement des bouts sur la proue du bateau amarré au quai. Personne ne me verra, nous sommes les seuls inconscients à vouloir passer le réveillon à bord d'un bateau dans le port du Crouesty. Admirer un tir de feux d'artifices, aussi simple soit-il, a toujours un effet positif sur le moral d'autant qu'il n'était pas annoncé au programme officiel de la ville. Mon appareil est rangé dans son sac photo. Tout le monde connaît ce moment où on hésite à prendre son appareil jusqu'au moment où on regrette de ne pas l'avoir pris. Je ne me pose plus la question en montant mécaniquement mon 20 mm favori. En dépliant mon trépied, je prie pour que chaque tir ne soit pas le bouquet final. Il me faut enfiler rapidement un jean et un gilet pour me poster sur le pont arrière de notre Beneteau Antares Serie 9. La lumière jaunâtre du parking sur ma gauche, la rangée de bateaux devant moi et les reflets des feux sur l'eau devraient produire une belle image. Les réglages du Sony sont restés sur ceux qui ont servi à photographier l'arche emblématique de la presqu'île de Quiberon peu avant 19H00. Je tourne la molette à 1,6 seconde de temps de pose, f/5,6 et 800 ISO. Le résultat est correct. Je ne peux allonger plus lentement la vitesse d'obturation car notre bateau bouge légèrement. L'année 2020 commence bien avec une image qui me plaît.

Elle s'est aussi bien terminée avec l'arche de Port Blanc dont le panneau d'avertissement et l'arrêté préfectoral ne m'ont pas dissuadé à descendre de nuit, en contrebas, sur la plage jonchée de grosses pierres polies. Un léger crachin venait de nous forcer à quitter la petite ruine un peu plus haut où nous avions commencé avec ma femme Isabelle, une série de photo à la lampe de poche. Je dois assumer le fait de vouloir faire aussi des photographies carte postale si j’arrive à les combiner avec des images plus personnelles.


Pour notre premier jour de l’année, le tableau d'un beau ciel en relief, teinté de rose, s'ouvre à nous depuis le carré flottant de notre Airbnb où nous sirotons un Cappuccino bien chimique, emballé dans un sachet unique.

Il y a quelques années, je n'aurais pas culpabilisé.

La bouteille de Prosecco vide, domine la petite table dressée pour le réveillon de la veille après avoir accompagnée nos spaghettis à la truffe aux Saint-Jacques.

Je désactive le mode avion de mon téléphone avec la même appréhension que Tom Cruise devant les fils d'une bombe mais le temps des voeux envoyés par sms est bien révolu. Comment pourrais-je être déçu de n'avoir reçu que deux messages alors que je n'en ai pas envoyé un seul? L'omniprésence de la communication à travers WhatsApp, Messenger, Facebook, Instagram et autres, nous incite à nous réfugier un peu plus dans l'intimité de notre cocon protecteur.

Tous les ans, la même réflexion tourne en rond entre mes tempes. Que diraient ceux qui nous ont quittés, à nous les vivants, lors de chaque transition solaire de notre calendrier Grégorien?

-Profitez-en, éclatez-vous, réalisez vos rêves tant qu'il est encore temps!?

Si vous lisez ces lignes, alors, je nous souhaite à tous de les écouter, en leur hommage.


Par ici les photos...

52 vues