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Equivalences



Après une première tentative de livraison infructueuse de mon nouvel objectif Samyang 35mm f/1.4 UMC acheté chez Topdeals sur la Marketplace de la Fnac, j’ai renouvelé, après remboursement, mon achat chez Central-FR via le site Rakuten. Dans les deux cas, les service de livraison de PostNL et GLS se sont avérés, soit incompétents, soit anormalement long par rapport au délai annoncé occasionnant pas mal de stress et d’échanges d’emails au passage.

Ce 35 mm manquait dans ma gamme d’objectifs du 14 au 300 mm et son rapport qualité optique / prix correspondait parfaitement à mes attentes. Positionné entre mon excellent 20 mm de chez Samyang et mon 50 mm Sony, le 35 est le meilleur compromis s’il ne fallait en emporter qu’un seul dans mon sac. Ce n’est pas pour rien que cette focale est le choix historique des reporters.

Impatient à l’idée de le tester, je m’empresse de choisir un lieu dans la soirée mais c’était sans compter la prévision de pluie et d’orage qui m’oblige à repousser ma sortie au lendemain.

Inutile d’aller trop loin, je choisis le bout du port de l’Arsenal avec son écluse, la neuvième du canal Saint Martin depuis le bassin de la Vilette. A cet endroit figure donc l’écluse surmontée du pont de la ligne 5 du métro et de sa station “Quai de la Rapée”, encadrée par le Boulevard Morland et le Quai Henri IV, un véritable enchevêtrement de voies, routière, ferrée et fluviale. Après quelques photos, je me résigne quand même à basculer sur le 20 mm pour embrasser un champ plus important, ce qui n’enlève rien aux qualités du 35 mm.

Accroupi, les mains dans mon sac photo, j’opère le changement d’objectif à plusieurs reprises en prenant le risque de rater une photo, faire rentrer des poussières dans le corps du boîtier ou de faire tomber une optique. Ma décision de m’équiper uniquement en focale fixe a des inconvénients que je dois assumer. Plus qu’une décision, il s’agit aussi d’une démarche personnelle tournée vers la qualité optique et le fait de devoir se déplacer plutôt que de zoomer.

Je m’interroge alors sur le chemin du retour sur ce qui m’anime à vouloir progresser et trouver mon style de photographie tout en ayant la désagréable impression de stagner mais n’est-ce pas un passage obligé avant d’y arriver?

Pour y voir plus clair, je reprends mes fondamentaux depuis le début:

La pratique de la photographie consiste à figer et aplatir en deux dimensions sur une fraction de seconde, une vision issue de la réalité à travers le prisme d’un ensemble de lentilles projetée sur une surface sensible à la lumière.

On peut donc considérer la photographie comme un fragment tronqué, un reflet réinterprété d’un espace temps. Chaque photographie est une vision captée subrepticement à travers une loupe. Oublions donc toute règle de composition picturale comme Bescherelle à l’apprentissage de la photographie.

L’espace temps et la lumière, tels sont mon dogme et mon Leitmotiv pour décrire cette pratique. Arrêtons de parler de règles de composition mais parlons plutôt d’équilibres subjectifs de masses spatiales, formelles ou lumineuses.

Équipé d’un piège à image, l’oeil humain va cisailler et capturer un morceau de sa réalité. Cette pratique nous offre le don d’un pouvoir surnaturel, celui de se projeter dans le passé dilué afin d’en extraire au choix, un souvenir, sa mémoire, une contemplation, son admiration, son analyse ou une quelconque information.

Déjà en 1925, Alfred Stieglitz avait finalement titré ses photos de nuages “Equivalents”, équivalences de ses émotions, "du chaos du monde et de sa relation à ce chaos".

Je dois donc assumer et respecter mes cadrages de paysages urbains ou de nature qui doivent refléter mes “équivalences” actuelles en attendant la maturité.

Album Paris.


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