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Helgoland



Des chasseurs d'images équipés de jumelles, longue vue et téléobjectifs, habillés en pantalon treillis et veste militaire Gore Tex arpentent les quais d’Helgoland (ou Heligoland), une île Allemande de 2Km² au large de Cuxhaven.

A priori, des passionnés d’oiseaux, des ornithologues amateurs qui aimeraient se faire passer pour de véritables professionnels. Eux, observent des espèces d’oiseaux dont tu ignores tout. Toi, tu évalues juste la valeur totale du matériel qu’ils portent à l’épaule en imaginant tout ce que tu pourrais faire avec. Un safari surement…

Je dois passer pour un photographe égaré avec mon grand angle monté sur mon boîtier et ma tenue de sport d’hiver.

Le choix de venir à Helgoland a été motivé par sa proximité avec la France, la curiosité de découvrir une île inconnue et la présence de phoques sur Düne, l’île voisine d’où on peut facilement les approcher pour réaliser de belles photos animalières. Encore faut-il ne pas avoir oublié son téléobjectif à Paris, bref…

Il n’y pas grand chose à faire sur Helgoland.

J’imaginais une île déserte avec peu d’habitation pour vivre la vie de Robinson Crusoé en compagnie de ma petite femme mais je m’étais mal renseigné. Plus de 1 200 personnes vivent sur l’île toute l’année et de nombreux touristes allemands y viennent pour se ressourcer les week-end ou pour les vacances. Helgoland avait été échangé avec Zanzibar par les Anglais en 1890 et reprise pendant la seconde guerre car l’île abritait un commandement de sous-marins. Les Anglais détruisirent entièrement l’île avant de la quitter après la guerre et celle-ci fut rendue à l’Allemagne en 1952. Voilà pour la brève partie historique.

La carte postale de son stack “Lange Anna” un éperon de grès bigarré de 47 mètres de haut, visionné à Paris sur Google Image avait provoqué ma curiosité et mon imagination après que ma femme Isabelle m’ait proposé d’aller y faire un tour.

Posé à présent sur le plateau de l’île offert aux vents, observant cette fameuse aiguille dont l’accès est malheureusement interdit au niveau de la mer, mon regard reste malgré lui rivé sur l’horizon où une ligne discontinue de navires marchands, de pétroliers, de porte containers sillonnent la mer du Nord.

La vie de Robinson vient de mettre un terme à son isolement.

La dure réalité du commerce s’affiche tout au long de la journée sachant qu’Helgoland est exonérée de taxe et que les paiement en Visa ou Mastercard sont quasi inexistants dans les restaurants. Les vitrines des commerces étalent de manière pornographique leurs packaging d’alcools et de cigares.

Rares sont les locaux qui parlent l’anglais. Fait relativement rare et curieux, moi qui pensait que seuls les Français souffraient de faiblesse quant à la langue de Shakespeare.

On communique finalement assez bien avec des gestes et des mimiques mais on reste frustré lorsqu’on écoute un guide en allemand pendant une visite d’une heure et demi de l’unique abri atomique qui a résisté aux bombardements des Anglais sans en comprendre un seul mot.

Nous ne sommes pas venus à Helgoland pour une retraite oisive ni pour photographier les oiseaux migrateurs retardataires mais pour sa plage déserte, son paysage brut avec ses falaises, son plateau orné de cuvettes créées par l’impact des obus.

Des décors qui serviraient à un nouveau projet photographique mêlant le Digital sous la forme de Light Painting dans un paysage désert et nocturne.

Vous ne verrez malheureusement pas d’image sur mon site pour l’instant tant que le projet ne sera pas finalisé.

Le soleil disparaît à 17H10 et le crépuscule monte une vingtaine de minutes après. C’est le créneau pour réaliser mes photos pendant une demi-heure, pas plus tard car la nuit s’installe à partir de 18H00.

A 20H00, nous avons déjà dîné. Allongés sur le lit en train de se reconnecter en wifi à nos écrans de smartphone, nous allumons la télé par curiosité. C’est plus de 10 chaînes de téléachat qui s’enchaînent sous la pression des touches de la télécommande.

On éteint tout.

Les photos...

Suite de notre périple nordique le long de la mer du nord:

Cuxhaven

Texel

Bruges


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